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Najia Bennis

Najia Bennis Chraïbi est une artiste peintre, née en 1947 à Meknès.


Passionnée de peinture dès son plus jeune âge, Najia fut encouragée par son père maître-artisan notoire de la ville natale impériale à traverser la méditerranée pour rejoindre l'Ecole d'Art et d'Architecture de Marseille-Luminy.

 

Elle y reçoit notamment l’enseignement singulier de la peinture de Claude Viallat et décroche le Diplôme Supérieur d'Expression Plastique en 1978.

 

La peinture de Najia est une peinture de l'exubérance, du rythme de la spontanéité, de la force vive des couleurs et du geste.

 

Elle s'étale parfois sur plusieurs mètres, composée d'arabesques, utilisant les couleurs primaires, et dans laquelle on devine des courbes, des formes et toujours le mouvement.
Sa peinture bouge, évolue, s'étale, se lit ou se parcourt, elle forme une symbiose du mouvement et des couleurs.

 

Sur un mur, en effet, étalée sur plusieurs mètres, une peinture pouvant évoquer un « Pollock », exprime sa recherche, les étapes d'une période de sa vie, ses gaietés et tout aussi bien ses angoisses.

 

Najia travaille avec les mains la couleur qu'elle étale sur les toiles, posées par terre. Ce contact avec la matière exprime bien cette exubérance, cette force que l'on sent dans sa peinture qui raconte si bien la vie.

 

Peintre de la spontanéité, de la fièvre et de l’élan gestuel, Najia projette devant nos yeux un univers onirique traversé d'ombres sans visages, où des cérémonies mystérieuses, des rassemblements, des processions, des fêtes et des danses mettent en scène une humanité comme envoûtée, inquiétante, mais animée d'une vie intense.

 

L’œuvre de Najia étonne, surprend, déroute parfois. Elle allie gestique fébrile et chromatisme exubérant. Une composition en spirale qui happe le regard dans un mouvement tourbillonnaire sans commencement ni fin. Produit d’une gestualité enfiévrée et virevoltante, cette peinture guette un ailleurs imprécis, fantasmé. Rien n’est défini, tout oscille entre le figural et l’abstrait, le réel et le fantasmagorique.

 

Les œuvres de Najia naissent sans plan préconçu, à l’instar de l’écriture des surréalistes, ses compositions prennent forme au gré de ses états d'âme et sont autant de portraits d'elle-même.

 

Comme les rêves, les tableaux de Najia n'ont pas de titres, se refusant à interposer entre ses songes picturaux et notre regard l’écran des mots, trop respectueuse de la liberté de l’imagination pour diriger la nôtre, elle nous met de plain-pied avec le plus vif de sa sensibilité, et c'est son vœu que le spectateur, comme dans un miroir, y plonge pour faire retour sur soi.

 

Et c'est ce don sans mesure d'elle-même, ce désir ardent de communier avec l’autre, et la sincérité dont toute son œuvre est empreinte, qui nous rendent l’art et la personne de Najia si attachants.

 

De ses mouvements se dégagent des scènes extérieures, dominées par des concentrations humaines, circulaires ou horizontales selon leur relation avec la nature.

 

Les personnages de Najia Bennis n’ont pas de visage, ils restent dans l’ombre, inconnus, rien ne doit ressembler a rien, c’est peut-être l’ego qui nous poursuit partout sous des visages différents.

 

L’artiste ajoute: « Je cherche le mouvement, et le mouvement c'est la vie qui ne s'arrête qu'avec la mort, alors un jour j'ai décidé de déchirer une de mes œuvres qui s’étalait sur plus de 15 mètres, de la couper, de l'arrêter avant qu’ne m'arrête dans mon élan de vie…»

 

Source: Najia Bennis
 


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