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Barbara Benz

Barbara Benz
Artiste plasticienne, barbara est née et a grandi à Rabat (Maroc).
Suite à des études d'art et une spécialisation en scénographie à Paris, elle est de retour en 1999 à Rabat, où elle réside toujours. L'inspiration de sa terre natale est inépuisable et marque son être et son travail. D'origine suisse elle se définit par une pirouette : « je suisse marocaine »…La proportion de ciel ouvert dans les perspectives, la beauté des paysages, la clarté de la lumière, le cœur des gens, leur fantaisie pleine de ressources, sont une promenade quotidienne qui lui est nécessaire.

Sa technique de travail s'est précisée avec le temps : de l'empreinte, à la sculpture et au tissage. Sa recherche plastique s’articule autour de divers matériaux issus du recyclage, et en particulier du carton d’emballage.Support idéal de son expression artistique, ce matériau « pauvre » est devenu, au fil du temps, son leitmotiv. La matière contient l’essence même de l’idée et matérialise tous les espaces de projection. De l’Arte Povera au souci écologique, du pratique au subjectif, le symbole du carton se décline à volonté et fait sens. Le cheminement du carton s’intègre au « parcours » même que vit l'artiste, apportant ainsi à l’œuvre son intégrale nécessité.

Travailler des matériaux issus du recyclage chinés ou récupérés, est un acte volontaire et délibéré, induisant une manière d’être et de penser dont émane une esthétique singulière.

Depuis une vingtaine d'années, mes recherches plastiques s’articulent autour d’un matériau biodégradable issu du recyclage dont je suis tombée amoureuse ; 
le carton d’emballage. C’est de la « discussion tactile » entre ce matériau dit « pauvre » et moi même que nait le début d’un dialogue, que prend forme un dessein.
Le carton, tel un épiderme, se tache, s’épluche, se ride, se déchire, se plisse …
jusqu’à sa résistance limite, où il accueille ombres et lumières, parfois couleurs.

Dans cette manière d'aborder la matière, l’angle de vue fait varier la perception.
Plans et élévations se confondent pour créer de nouvelles perspectives …
La matière ainsi creusée est composée de couches superposées telles des strates
géologiques ou psychiques …

Les proportions s’y présentent de manière à permettre en permanence un changement
d’échelle, selon la distance d’observation de l’œuvre : d’une vue aérienne jusqu’au détail presque intime de la matière tactile, fragile, organique ...

Le carton sculpté permet aussi à la lumière de multitudes mises en scènes.
La variation de l’éclairage porté sur lui crée des mondes oniriques, intimistes,
dans lesquels chacun peut se projeter librement, y retrouvant ses propres zones
intérieures d’ombre et de lumière …

« Lorsqu’il ne nous reste plus rien, où que nous soyons dans le monde, c’est souvent grâce à un carton que nous survivons… »


Source : Institut Français Rabat 2011