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Chaïbia Tallal
Ville : Casablanca

Chaïbia Tallal

Née en 1929, à Chtouka près d’El Jadida, Chaïbia Tallal grandit à la campagne où elle apprend à tisser la laine et à broder. Elle n’apprend à lire et à écrire que tardivement. Autodidacte, elle commence à peindre et montre ses toiles à Ahmed Cherkaoui et à son fils Hossein Tallal. Pierre Gaudibert, de passage au Maroc, la découvre en 1966, une année qui fait date: Chaïbia expose au Salon des Surindépendants au musée d’Art moderne de Paris.

 

Depuis lors, ses peintures s’exposent un peu partout dans le monde. Certains critiques la considèrent comme une figure de proue de la modernité et un porte flambeau de la femme au Maroc.

 

Elle est morte en 2004 à Casablanca. 

 

OEuvre

 

Entre le désir de peindre et l’acte proprement dit, aucun détour, aucune tergiversation: Chaïbia peint avec un naturel désarmant. La peinture est pour elle une activité parmi tant d’autres. Avec des couleurs vives et des gestes spontanés, son art échappe à toute catégorisation. Autodidacte elle peint un monde intérieur d’une grande richesse chromatique par aplats. La couleur s’étale à l’état brut, c’est moins la couleur en elle-même qui l’intéresse que le dialogue qui s’instaure entre un rose et un orange par exemple.

 

On trouve dans les toiles de Chaïbia ce plaisir à la répétition tellement caractéristique de l’enfance.

 

Les personnages, qui restent son sujet de prédilection, prennent possession de toute la surface de la toile. Deux éléments reviennent avec une constance inébranlable : le visage et les mains.

 

Aussi l’absence de l’espace est-il un des aspects fondamentaux de la peinture de Chaïbia ; celle-ci obéissant surtout à sa sensibilité et à son inquiète interrogation pour mettre en exergue le visage dont seul le regard compte, ou la main dont seuls les doigts apparaissent.

 

L’observateur/analyste de l’oeuvre de Chaïbia a intérêt à se défaire de tout jugement académique pour voir en elle une expression picturale brute. L’artiste refuse toute mystification par la reproduction exacte d’une réalité objective, refuse à son oeuvre toute naïveté plastique et laisse libre cours à une composition venant des profondeurs de son âme où l’angoisse métaphysique n’est pas totalement absente, rendant à l’humain sa dimension et à l’art sa signification.

 

«Je parle pour les fleurs
Les jaunes, les bleues,
Les mauves
Elles sont mes couleurs,
Elles sont mon rêve
Je rêve ce rêve de graines de fleurs.»
(Chaïbia)

 

Bibliographie

 

• Catalogue Au profit de la Fondation Chaïbia Hommage à Chaïbia Loft Art Gallery Casablanca 2009
Dictionnaire de l’art moderne et contemporainEditeur Hazan 1992
Voir, le magazine suisse des arts, Un certain Maroc n° 48 Avril 1988
• Alain Flamand, Regard sur la peinture contemporaine du Maroc Edition Al Madariss 1983


Photo : T. Chaïbia, Sans titre, 1980, huile sur toile, 106x125 cm. Collection Société Générale.

 

Cette biographie a été gracieusement mise à disposition par Dounia Benqassem, auteur du Dictionnaire des Artistes Contemporains du Maroc aux Editions Africarts.
Le dictionnaire est disponible en librairie, il est également possible de le commander en appelant le: 06 61 37 42 46.