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Faouzi Laatiris
Ville : Tétouan

Faouzi Laatiris

Né en 1958 à Imilchil, Faouzi Laatiris suit une double formation artistique à l’Ecole nationale des Beaux-arts de Tétouan et de Bourges en France. Il enseigne à l’Institut des Beaux-arts de Tétouan depuis 1992. Il crée l’atelier Volume et Installation entre 1993 et 1994.

 

Il participe en tant qu’enseignant à l’exposition Objet désorienté au Maroc, à Paris-Casablanca-Marseille, un projet conçu par Jean Louis froment avec la collaboration de l’union centrale des arts décoratifs de Paris, entre 1998/2000.

 

Il commence à exposer dans les années 1980.

 

Laâtiris a créé avec Batoul Shimi l’Espace 150x295 à Martil en 2005.

 

Il vit et travaille entre Martil et Tétouan.

 

Œuvre

 

Si Laatiris soustrait les objets aux territoires de leur fonction, ce n’est pas seulement pour les exalter en les faisant pénétrer ainsi dans l’espace de l’art, mais davantage pour célébrer avec eux le réel. Ainsi, les objets choisis, un verre, une table…  s’unissent, se répondent et se relient immédiatement à tout ce que nous sentons et qui ne se voit pas: cette réalité précisément, celle qui les agite, celle à laquelle l’artiste offrira la forme d’une sculpture peut-être.

 

Une sculpture construite par la proximité des objets entre eux, tout autant que par le récit virtuel des gestes.

 

Dans les oeuvres de Laatiris transparaît le souci permanent et le questionnement sur la ville, la cité, ce lieu de cohabitation. Concernant la technique utilisée dans certains de ses travaux, l’artiste l’explique: «le dessin, la gouache, la multiplication et la sérialité me servent à épuiser le motif afin qu’il devienne mien, une sorte de signature personnelle. A travers le processus de la préparation des plaques de métal pour la gravure, je touchais à la matière qui sert à fabriquer les bennes à ordures».

 

Dans «Art(s) Plastique(s)»1, l’artiste aborde encore une fois la transparence de la matière, ici le plastique (la transparence que l’on trouve aussi dans la série des murs en brique ou en verre à thé etc…) qui permet de travailler sur les deux faces du motif presque en même temps. C’est pour cela que ces travaux doivent être accrochés de manière à ce que l’on voie les deux «faces». Ce «concept» rejoint en quelque sorte le processus de la réalisation des plaques en béton qu’il faisait dans les années 1980.

 

Dans cette série des plaques en béton, il y avait un travail non seulement sur le corps, la face et le dos, mais un travail sur l’inachevé, sur l’opacité, et sur ‘l’équilibre précaire’.

 

Certains travaux de Laatiris montrent aussi une série de dessins ayant de multiples points communs : la ville, la silhouette de l’artiste et les personnages de ces images de notre enfance : Sidna Soleimane avec son sabre, Adam et Eve, le pom mier et le démon grimé en serpent tentateur.

 

D’autres thèmes figurent tels que le sexe et la religion, personnifiés par le premier couple de l’humanité selon les textes sacrés, Adam et Eve. La guerre a également droit de cité, représentée par Abraham sur le point de sacrifier son fils. C’est le deuxième degré et même le détournement audacieux des arts naïfs et spontanés. Plongeon nostalgique dans notre enfance où tout semblait aussi simple que ces humbles objets décoratifs des années 1960.

 

«…Tous les éléments et objets, que j’emploie ou que j’ai employés, sont choisis, certes pour leurs matières, leurs formes mais aussi pour la mémoire collective qu’ils réactivent. La réflexion, le ‘sens’, a une grande importance dans mon travail, mais pas plus que la recherche d’une qualité ‘poétique’ liée à l’agencement des éléments-objets.»
(Faouzi Laatiris)

 

Bibliographie

 

L’oeuvre, plus que jamais, Editions hors’champs 2005
• Entretien avec Guy Limone (extrait), à l’occasion de l’exposition, Impressions, Centre Culturel de Limoges Octobre 2003

 

(a) “Il s'agit d'une pièce faite de 22 éléments et dont la matière est le plastique, cette matière même qui sert à la fabrication de sacs de poubelle. Toutes les couleurs disponibles sur le marché sont utilisées pour ne pas broyer que du noir... La forme rappelle celle de la benne à ordures, mais sans respecter le tracé ni les dimensions. J'ai voulu une forme qui soit à la mesure de mon corps, les bras ouverts, aux proportions qui me dépassent un peu mais sans m'écraser.”
Production L'Appartement 22.


Photo : F. Laatiris, Container, 2008, bois et miroir, 168x196x342 cm. Collection Galerie FJ. © Pascal Sémur.

 

Cette biographie a été gracieusement mise à disposition par Dounia Benqassem, auteur du Dictionnaire des Artistes Contemporains du Maroc aux Editions Africarts.
Le dictionnaire est disponible en librairie, il est également possible de le commander en appelant le: 06 61 37 42 46.